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MILA RACINE Héroïne française

Vous avez entendu le nom de « Mila Racine ». Vous avez entendu dire qu’elle a contribué à sauver des enfants juifs en France durant l’Occupation allemande. Qui était-elle vraiment ? Qui était cette jeune femme juive et élégante qui connut une fin tragique quelques jours seulement avant la fin de la Seconde Guerre mondiale ?

Ici, au fil de ces pages, je cherche à partager avec vous certaines des choses que j’ai apprises au sujet de Mila. Durant de nombreuses années, je me suis efforcé de « marcher sur ses traces » — c’est-à-dire de me rendre dans les lieux où elle a vécu et travaillé ; d’interroger des membres de sa famille ainsi que d’autres personnes qui l’ont connue ; de m’entretenir avec les hommes et les femmes qu’elle a fait passer clandestinement de l’autre côté de la frontière, de la France vers la Suisse ; et de rechercher et documenter méticuleusement l’œuvre salvatrice qu’elle a accomplie.

Bien entendu, Mila n’était pas seule pour accomplir le travail qu’elle a mené. Avec un jeune homme juif nommé Tony Gryn, elle a organisé et dirigé l’équipe de passeurs, composée de plusieurs jeunes hommes et femmes. Cette équipe a bénéficié de l’aide — sous des formes aussi bien modestes que importantes — de catholiques et de protestants résidant dans la région.

Mila Racine with niece Lili Racine

Photo : Mila Racine avec sa nièce Lili, lieu inconnu mais probablement Toulouse, vers 1941. Avec l'aimable autorisation de la famille Racine.

En 2013, j’ai publié un ouvrage intitulé The Fate of Others: Rescuing Jewish Children on the French-Swiss Border, qui offre un récit très détaillé des sujets abordés ici. Par la suite, en 2016, les éditions L’Harmattan ont publié une traduction française de ce livre, intitulée Le sort des autres : Le sauvetage des enfants juifs à la frontière franco-suisse. Dans ces volumes, je présente non seulement les noms des sauveteurs, mais aussi ceux des personnes sauvées, chaque nom étant associé à une date et un lieu précis.

Vous pourriez vous demander : pourquoi inclure de tels détails ? Je crois que des faits vérifiés et documentés témoignent de l'action des sauveteurs. Consigner ces faits dans l'histoire écrite de la Shoah en France honore la mémoire de ceux qui ont risqué leur vie pour en sauver d'autres.

Mila n'a pas eu de sépulture digne de ce nom. Il n'existe aucune tombe sur laquelle on pourrait déposer des pierres pour honorer sa mémoire. À défaut de déposer des pierres sur une tombe, je cite les noms de 274 enfants et adultes que Mila a aidés à faire passer clandestinement la frontière, de la France vers la Suisse. Je les inscris dans l'histoire écrite, pour honorer son courage, ses actes et sa mémoire.

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